Aszu
Toujours à la recherche d’une nouvelle terrasse ? Prenez une marche dans le Vieux-Montréal, voir. Et dirigez-vous vers la rue Notre-Dame, à quelques pas à l’ouest de la basilique, pour trouver l’entrée d’Aszú, un nouveau resto franchement séduisant.
Pour sa terrasse, d’abord. Nichée au coeur de belles architectures, chauffée lorsque le temps est un peu frais, elle est une des plus agréables en ville.
Pour la cuisine, aussi. Celle de David Couture, un ancien de la défunte auberge Hatley, qui travaille les « produits du marché » de façon simple et élégante.
Pour le vin, finalement. Car 50 choix au verre ne se rencontre pas à tous les coins de rues. Et parce qu’ici, on a vraiment travaillé les accords, presque parfaits.
Comme le veut la tendance, Aszú n’est pas une table exigeante. Un plat et un verre de vin ? Pas de problème. Un festin ? Évidemment, aussi. Décontracté, ce style permet à (presque) tous les budgets de déguster une excellente cuisine à prix compétitif. Mais si vous vous laissez aller, ce ne sera pas de ma faute.
Évidemment, vous commencerez par l’apéro. Un verre de Tokaji Aszú, la spécialité de la maison, vin royal de la Hongrie du 18e siècle, aux raisins rongés par la noble pourriture, façon moelleux.
Puis ce sera un tartare de canard au thym frais. Grossièrement coupé, il laisse apprécier la chair subtile du volatile, et ses effluves de thym ensoleillées. À côté, un céleri rémoulade des plus classiques pour un mariage des plus réussis. Mais si le coeur vous en dit, abandonnez-vous aux huître du jour, ou à ce carpaccio de bar rayé à la lime et bébés pieuvres. Subtils instants de grâce…
Le chef aime la retenue. Quoi de plus clair dans ce plat de pintade, une cuisse justement confite, et sa salade de haricots verts bien frais, rehaussée d’amandes. On apprécie parfois de goûter chacun des produits sans être perturbé par une préparation trop complexe. Continuez !
Mais le plat royal est sans aucun doute ce superbe pavé de boeuf, façon Rossini, surmonté d’une escalope de foie gras poêlée, et entouré d’une tombée éclatée de pleurotes impeccable. La sauce, composée de pimbina (une baie indigène, trop peu utilisée en cuisine) et de poivre vert enrobe cette ravissante composition, d’une rigueur exemplaire. Avez-vous compris ? Nous nous sommes régalés.
Judicieux: le sommelier propose un verre de vin différent parfaitement associé au plat. L’expérience en vaut la peine, surtout pour l’amateur de vins du monde entier. Il en sera comblé.
Et parce que chez Aszú, on travaille bien, les desserts sont à la hauteur. Soufflé au caramel salé avec crème sûre glacée, trio de gourmandises chocolatées : voilà qui clôt parfaitement ce repas sans anicroche. Ajoutez à cela un service impeccable et vous avez, mon dieu, une des belles tables rencontrées ces dernières années.
Aszú
212, rue Notre-Dame Ouest
514-845-5436
www.aszu.ca
À la carte: à partir de 30$
Cote: ****





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