Caffè della posta
10 mai
Commençons par une page de nostalgie. Le Vaudeville était, pour ses habitués, l’antre du steak-frites à la française. Une table inusable de la rue Bernard. Au travers des vitres, on distinguait les robes chics des « petites madames d’Outremont ». Les nappes blanches reflétaient la bienséance des lieux. On s’y sentait… en sécurité.
Le Vaudeville s’est usé. Il en reste tout de même le charme des lieux (peu transformés) et les brunchs du week-end, très populaires. Mais le soir venu, les plats prennent l’accent sicilien.
Angelo Rindone en est à son troisième restaurant. Le Daylight Factory (dans le quartier international), c’est lui. Le Bu, sur la rue Saint-Laurent: c’est encore lui. Nous lui devons maintenant le Caffè della Posta, et sa ravissante cuisine sicilienne.
Aux fourneaux, la très occupée Maria, qui contrôle aussi aux destinées du BU. Sur une autre variation: celle d’une cuisine franche, rustique, locale. Sicilienne et simplissime. De la gastronomie al dente, minute, savoureuse.
Des croquettes de sardine, par exemple. C’est tout bête ! Mais la sardine est fraîche, la pâte croustillante. À côté, une petite « salsa » et une légère laitue, loin d’être inutiles.
Le parmigiana n’est qu’un gentil gâteau. De l’aubergine tranchée, de la mozzarella (di bufala, bien sûr) et de la tomate. Le coup de fourchette est surprenant de simplicité.
La cuisine maritime de Maria est attirante, antipasto de maquereau, calmars sauce tomate et provoque cette irrémédiable envie de répéter l’exercice chez soi. Quand ?
Comme on aime, on ne compte pas. Le chevreau au pecorino, persil et citron attire les regards, tout comme la morue sicilienne. Et les linguine ? Aux amandes, tomates et basilic. Belle portion, cuisson très très al dente, et saveurs franches. Vous aurez peut-être besoin de demander un bon vieux doggy bag.
Mais pas pour le veau marsala, qui s’avale en quelques mots. On déguste quelques légumes rôtis, une viande toute tendre et une sauce exquise. En rêvant de Palerme.
Mais il se pourrait bien que l’extase fut atteint aux desserts… Du travail maison impeccable, pour une jouissance extrême. Le tiramisu, d’abord. Spongieux, légèrement crémeux, aérien. Un des meilleurs (le meilleur ?), qu’il me fut offert de déguster en ville. C’était malheureusement sans compter sur cet inoubliable affogato al caffè… imaginez: une boule de glace pralinée, un café espresso bien serré jeté dessus. Un chaud froid absolument saisissant.
Que du plaisir, donc ? Mais oui ! Ajoutez à cela une belle carte des vins et un service plutôt attentionné ! Cependant, d’après un de mes informateurs, il y est encore parfois aléatoire… Quelques semaines, donc, avant de voir un établissement en pleine possession de ses moyens. Ça promet !
Caffè della Posta
361 rue Bernard O.
514-495-8258
À la carte: à partir de 20$
Cote: ***




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