Café Cherrier
Elle m’arrive régulièrement -pour quelle raison ?- cette envie furieuse d’un bon tartare. Est-ce un retour de l’homo erectus qui vit encore en moi ?
Car l’homme d’il y a mille millénaires aimait, oui, sa viande crue. D’autant, certes, qu’il venait à peine de découvrir le feu. L’amour du tartare remontrait donc à ces temps reculés, lorsque, instinctifs et carnivores, il nous fallait de la viande. Miam.
Vite, au Café Cherrier. C’est dans ce célèbre resto de la rue Saint-Denis que l’on mange un de ces bons tartares montréalais. Une recette simple, simplissime, même. Une bonne pièce de viande, du filet ou de l’intérieur de ronde, un œuf, de l’oignon haché, de la ciboulette, de la moutarde, du vinaigre, de l’huile, des câpres, sel et poivre. Et bien sûr, un peu de la fameuse sauce Worcestershire. La viande sera hachée, au couteau ou en machine, c’est selon. Les discussions autour du choix de la technique sont interminables, passons. Et puis des bonnes frites. Comme le Cherrier sait les faire : légères, croustillantes, servies avec une bonne mayonnaise maison.
Vous aurez réservé au comptoir, ou en salle. Le midi ou le soir. Cela dépend bien de l’ambiance que vous désirez. Et vous aurez le droit à une de ces bonnes séances de « je regarde/je suis vu », typique de ce resto. Car la clientèle est multiple : habitués, touristes et vedettes en tous genres. Le Cherrier, c’est un show en soi. D’autant qu’on vous sert avec tous les égards dus à ce genre de lieu, très brasserie parisienne mais si bistro montréalais. Charmant.
Vous accompagnerez votre plat d’un petit verre de vin. Un Languedoc fera l’affaire. Et puis vous dégustez. Un peu de viande, une frite, un peu de mayo… et on recommence. Les plaisirs sont simples, parfois.
Et puis vous rentrerez chez vous, votre homo erectus bien éveillé, avec cette furieuse envie de recommencer. Il sera donc temps de vous procurer « Tartares et carpaccio », de Marie-Victoire Garcia. Un tout petit bouquin pas cher, édité chez Marabout (13,95$). Pour découvrir que l’on peut tout « tartariser » : veau, poulet (!), porc (re-!), saumon, thon, maquereau, crevettes et compagnie. Avec un seul impératif en tête : choisir le produit de base le plus frais possible. Après ça, il n’y a que les condiments qui changent !
Café Cherrier
3635 rue St-Denis
(514) 843-4308
Le tartare et ses frites : 16,95$
Cote : ***




