La mère des critiques culinaires

Elle avait les yeux d’un bleu profond, pétillant, éclatant. Presque intimidant. Son esquisse de sourire, parfois en coin, trahissait sa timidité. Tout le monde la vouvoyait. Madame Françoise Kayler est décédée dans la discrétion la plus totale.
J’aimais la surnommer « ‘Mémé Kayler », mais elle ne le savait pas. Car elle était un peu la mère des critiques culinaires. Engagée à La Presse en 1961, elle crée trois ans plus tard la première page alimentation dans le quotidien La Presse. Une demande des patrons parce qu’elle était une femme, m’avait-elle confié. Les critiques de restaurants ont commencé plus tard, et on disait d’elle qu’elle était dure. Elle en a couvert des centaines. Si elle en a démotivé certains, elle a aussi contribué à la relève, grâce à la bourse portant son nom, de la Fondation de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ).
Après son départ du journal, elle avait ouvert Gastronote, un blogue où elle signait encore des critiques, dont cette dernière, consacré au mignon et savoureux restaurant Chez Chose. On reconnaît son style classique, certains disaient un peu dépassé, mais peu importe. On l’aimait quand même, madame Kayler.
Le magazine Brigade avait consacré un intéressant portrait à Françoise Kayler. Vous pouvez télécharger l’édition en PDF. La photo de ce billet en est d’ailleurs tirée, un très beau portrait signé Gilles Lauzon.





Son style pouvait se comparer à une pizza napolitaine. Peu d’ingrédients, mais que les meilleurs!
De nos jours, je trouve certains critiques un peu trop verbeux.
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