La Grange vin + bouffe
Vin + bouffe = grange. Une drôle d’équation? Plutôt un nouveau bar à vin résolument branché sur les dernières tendances. La Grange mise à fond sur la bistronomie conviviale à la bonne franquette.
Vous avez aimé la Buvette Chez Simone? Il y a de bonnes chances que vous appréciiez cette nouvelle Grange, où l’on trinque allègrement en picorant dans des plats sympathiques. Des agapes ludiques sur variations oenologiques. Le vaste local a de la gueule. On y joue sur une rusticité très contemporaine, notamment en recyclant de belles planches de bois récupérées… d’une grange, justement. Murs de pierre en noir et blanc, éclairage tamisé: c’est à la fois chaud et sobre. Et très bruyant: la musique techno-lounge est omniprésente et le bruit de la foule, sous ces hauts plafonds, envahissant. Un tonnerre d’ambiance, divisé en trois salles. Un grand bar en U, propice aux rencontres, une salle traditionnelle et, caché au fond, un coin plus intime, sofas inclus. Tout comme dans leur Café des éclusiers, les proprios Martin Beauchamp et Dave Bernier ont décidé de mettre l’accent sur la boisson. Le vin, en l’occurrence. Plus de 80 choix, dont pas mal au verre et au demi-verre, dans une carte qui décline produits reconnus et importations privées. Pour accompagner la dégustation, le chef Tommy Matteau (anciennement du restaurant de l’ITHQ) propose une sarabande de plats gourmets à partager. Du cru, du cuit, des tartares, des fruits de mer, des charcuteries et des fromages: servez-vous.
AU MENU /
Sur une planche de bois brut, trois tranches d’un pain paysan aux amandes, une petite salade aux pommes épicées et un pot de rillettes de canard maison. Belle entrée en matière en attendant l’invitée. En sirotant un verre de rouge, on vérifie ses courriels. Le bar n’est pas encore plein. Ambiance 5 à 7. Peu à peu, la clientèle, jeune et bien fringuée, se faufile dans les salles. Dans la cuisine ouverte, on s’agite. Les assiettes défilent: salade de mozzarella di bufala, grilled cheese, on grignote en placotant dans ce resto festif qui n’aime pas les chichis. La carte est d’ailleurs une suite hétéroclite de petits plats joliment dessinés très à la mode. La trilogie de tartares exhibe trois couleurs: celles du boeuf, du pétoncle et du saumon. Le boeuf est aromatisé au cognac (trop peu présent, d’ailleurs) et le saumon, rehaussé de pacanes écrasées. C’est intéressant. Le pétoncle? Hautement séduisant: du citron, un peu de coriandre et d’estragon, une touche de ras el hanout. Dé-li-cieux. Chouette aussi: la brochette de crevettes et chorizo servie sur une salade de chou (un peu fade) et accompagnée d’une salsa de tomates. Chorizo et crevettes font très bon ménage. Juste une note: grillé, ce saucisson espagnol est drôlement meilleur. Le sashimi de saumon (de fines tranches crues) s’accommode agréablement d’une salade de lentilles vertes au yogourt à la menthe. Une idée rafraîchissante. Vous pourrez également vous amuser d’un carpaccio de cerf avec gelée de sapin et granité au gin, d’une joue de veau braisée à la putanesca ou de la spécialité maison: la raclette de légumes dans sa fonte fumante. Cool, comme dirait mon filleul de huit ans.
AU DESSERT /
Hou! c’est cochon: le pot de crème de caramel au beurre salé et ses biscuits au maïs sont un véritable petit régal. La crème brûlée au chocolat dit « maya » est doucement épicée et légèrement relevée. La croûte est fine comme la glace des lacs à la fonte des neiges. Ça sent le printemps!
EMBALLANT /
La rue McGill, dans le Vieux-Montréal, est désormais incontournable. Un bar à vin, d’excellents restos, on aime de plus en plus le coin. À la Grange, je vous promets une ambiance électrique, des rencontres impromptues et pas mal de plaisirs gustatifs. La Grange est une réussite dans son style resto/bar à vin urbain, convivial et branché. Et en plus, si vous n’abusez pas des bonnes bouteilles, la note finale vous surprendra. Pas si cher!
DECEVANT /
Le bruit: vous en voulez, des décibels? Attachez votre tuque, ou, si vous cherchez la tranquillité, faites demi-tour. À corriger dans le menu, c’est mon côté Antidote, l’appellation « prosciutto serrano », qui n’a aucun sens. Un jambon espagnol n’est sûrement pas italien!
COMBIEN? /
Misez sur une trentaine de dollars pour vous régaler du trois services habituel. Le prix des bouteilles de vin oscille entre 35 $ et 80 $, celui des verres autour de 8 $. Quelques spécialités haut de gamme et même un verre de cinq onces à… 85 $! Pour amateurs seulement.
QUAND? /
Les midis, du mardi au vendredi. En soirée, du mardi au samedi.
OU? /
Au 120, rue McGill (angle Wellington)
Réservations très recommandées: 514 394-9463
Cote: ***
Publié dans Voir, le 26 mars 2009
À lire aussi
- Aszu Toujours à la recherche d’une nouvelle terrasse ? Prenez une...
- Pullman Avant d’être un restaurant, le Pullman est d’abord un bar...
- Marché 27 Le tartare est à la mode. Doux euphémisme. Et votre...
- Café Cherrier Elle m’arrive régulièrement -pour quelle raison ?- cette envie furieuse...
- Monsieur B. Tout un héritage: les locaux de La Montée de lait,...
- La salle à manger Bientôt Noël et les dépenses de fous: c’est le temps...
- Au chaud lapin L’hiver cogne aussi aux portes des restos. Alors quoi de...
- Portus Calle Vous connaissez sûrement les restos portugais pour leurs grillades. Ou...
- Les Cavistes Un restaurant-bar-à-vin-boutique? J’y cours! L’équipe du resto Les Cavistes place...
- L’éléphant Ça bourgeonne, les amis, ça bourgeonne fort ! De quoi...

