Laloux
Laloux ? Un classique. Une vénérable institution. Laloux ? Un resto français que vous rechigniez peut-être à fréquenter, vous imaginant le port de la cravate et du petit doigt en l’air obligatoires. C’est même pas vrai !
Laloux n’est plus ce qu’il était. Les époques de Philippe Laloux puis d’André Besson sont désormais révolues. Ce qu’il reste ? Le charme indélébile des lieux, un peu brasserie, un peu bistro, très parigo. Et deux nouveaux chefs, jeunes, qui ne passent pas à la page suivante, non: ils changent de livre.
Aux fourneaux, Dany St-Pierre et Patrice Demers, que vous avez sûrement aperçu quelque part au petit écran. Deux petits jeunes, moins de trente ans, plein de talent. La génération Y a désormais sa cuisine ! Dany St-Pierre a fait son petit tour chez Toqué!, avant de prendre les rênes, avec panache, de Derrière les Fagots, à Ste-Rose, Laval. Patrice Demers ? Ceux qui ont dégusté les desserts des défuntes Chèvres en gardent certainement un excellent souvenir.
Chez Laloux, ils réinventent le style. Pas d’obligation d’un repas à rallonge, la cuisine est désormais décontractée. Les plats sont généralement bien conçus, malgré quelques fautes franchement impardonnables…
Un repas en dents de scies, donc. Un peu d’attente ? On nous offre l’apéro. Très sympa. Nous nous offrons alors quelques mises en bouche, appelées ici en soirée « petits farcis ». Peut importe: une suite de bouchées quelconques.
Mais Dany se rattrape vite. Voilà de belles tranches de jambon de magret, du foie gras au torchon impeccable et une salade de carottes à la clémentine rafraîchissante. On est content.
Encore du foie gras, poêlé, cette fois-ci, servi sur un clafoutis d’abricots et amandes rôties. Pour 15$, on se régale, pour vrai.
Le saumon mariné au céleri est inutilement bourré d’aneth, accompagné d’une terrine de céleri rave un peu fade. N’hésitez pas à sortir 5$ pour vous gâter au foie gras, vous ne le regretterez pas.
Dans les plats, une réussite: de la morue noire enrubannée de prosciutto croustillant, un lit de lentilles à l’ail confit et un concassé de tomate tout frais. Bel exercice d’équilibre et de saveurs franches. La longe de veau n’est pas mal non plus. Tendre. Servie avec un original et savoureux risotto d’orge citronné. Le moins: des ris de veau braisés, carrément trop cuits.
Même hésitation dans cette assiette de flétan à la cuisson impeccable, accompagnés de belles asperges à l’estragon, où les gnocchis à la chair de homard sont élastiques et caoutchouteux. Visiblement, on ne goûte pas, en cuisine !
Laloux a gardé la bonne habitude de servir un plateau de fromage très attrayant, mais avec le nouveau chef pâtissier Demers, les desserts sont incontournables: et surtout le fameux pot de crème au chocolat, caramel et sel Maldon, une gourmandise indispensable. D’ailleurs, si la recette vous intéresse, elle est dans le bouquin de Patrice (Éditions de l’Homme) ou sur le site Internet de madame Di Stasio. Bon appétit !
Laloux
250, avenue des Pins Est
514-287-9127
Menu dégustation, soir: 45$
À la carte: minimum de 40$
Cote: ****




