Le Jolifou

Décidément, le nouveau latino est à la mode. Alors du Raza au Jolifou, il n’y a qu’un pas. Un autre de ces petits nouveaux restos complètement séduisants, à la cuisine d’apparence fofolle, mais parfaitement maîtrisée.

En fait, encore une fois, tout le contraire de l’ambiance. Encore une fois, des murs et des nappes blanches, mais les sièges sont rouges. Pétants. Tout comme ces petits jouets mécaniques placés sur chaque table : nous, on avait une belle américaine qui fait vroum vroum. Super chouette.

Ici, le chef est anglo. De l’Ontario. A bien connu le Nouveau-Mexique et s’est amouraché d’une gastronomie vivante, parfumée et délicate, aux accents ensoleillés et joliment pimenté. Soyeux mélange d’une technique française et de produits locaux, agrémentés de saveurs mexicaines.

Cela donne, cette petite « taquine », un amuse-bouche en deux temps, saumon fumé légèrement relevé, et une petite salade de tomates séchées pas trop sèches, tout en délicatesse.

Des pétoncles moelleux à souhait, là aussi rehaussée d’un de ces chilis venus du sud, dans une entrée vivifiante.

Pour une poignée de dollars, n’hésitez pas à vous laisser tenter par le foie gras. Très tendance, certes, mais poêlé comme ça, vous ne l’oublierez pas : marmelade de figue, chutney de pommes et une fabuleuse réduction parfaitement équilibrée de porto et de vanille. Du bonbon.

Les plats sont tout aussi merveilleux. Le poulet de Cornouailles est nappé d’une sauce mole poblano, mélange étrange et intriguant à saveur de cacao. Presque sans sucre.

Le cerf de Boileau, lui, se mêle avec perfection à une sauce barbecue d’une force unique. Les tranches sont superbes, à la cuisson impeccable. Avalanche d’épithètes pour vous convaincre de la qualité de ce Jolifou.

Les mêmes légumes accompagnent les plats. De saison : rapinis et têtes de violon passés dans le beurre, cuits minute.

On accompagnera tout cela d’une de ces bonnes bouteilles d’importations privées, qu’ici, on choisit avec talent. Et on ne peut se passer de ces beaux desserts, plus classiques, dont deux précieuses tartes, l’une au citron, l’autre au chocolat, résultat d’un excellent pâtissier. Un petit verre de liquoreux avec ça ?

Bien embêtant, comme situation : après un Raza unique, la semaine dernière, nous voilà face à une autre de ces excellentes tables de la métropole, avec l’obligation, malgré les différences, de lui accorder les mêmes étoiles. Et tant pis pour l’abus. Parfois, la modération n’a que très peu de goût.

Le Jolifou
1840 rue Beaubien E.
514-722-2175
Midi : à partir de 12$
Soir : à partir de 30$
Cote : ****

30. mai 2005 par gildas
Catégories: restos | Tags: , | Laisser un commentaire