Passionnante lecture que celle du livre de Bénédict Beaugé et Sébastien Demorand, Les cuisines de la critique gastronomique. Une critique… des critiques. Ou comment, en France, le guide Michelin, par ses effets pervers, a tué la culture journalistique gastronomique. Car chez Michelin, rappelle Bénédict, on ne fait pas de critique. Quelques signes, seulement. Drôle de paradoxe. Au pays de la gastronomie, personne ne s’en soucie vraiment. Comme si c’était si ancré, qu’il n’y avait pas besoin d’en parler. Ah, les recettes, si, évidemment. Les magazines et les livres sont nombreux, très nombreux, sur le sujet. Mais rien pour regarder un peu plus loin. Pour scruter le monde de la restauration et son corollaire, le monde alimentaire. Pas d’émission comme L’Épicerie en France, par exemple. Pas de magazine comme Gastronomica ou The Art of Eating. Pas de cahiers spéciaux dans les journaux non plus.
Pendant ce temps, des chefs jettent leurs macarons…
Les Anglos-saxons seraient-ils plus doués pour le journalisme gastronomique ? Même les critiques restaurants sont plutôt rares dans la presse française. Et la place accordée, mince. Nous sommes loin, dit Bénédict Beaugé, des « food writers » de la presse américaine (et canadienne) et des « food critics » de magazine. Étonnant, non ?
P.S.: Bénédict Beaugé a tout de même oublié Jean-Pierre Coffe, un des rares à s’être essayé avec succès au journalisme alimentaire. Son émission de radio était excellente, mais il a été viré…
Le bouquin n’est pas encore disponible au Québec, mais je vous fais signe. En attendant, écoutez une entrevue accordée par Bénédict Beaugé à France Inter. Il y résume clairement sa pensée.
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