Les 2 singes de Montarvie
6 avr
Je ne vous apprendrai rien : depuis l’homme de Cro-Magnon, la gastronomie a grandement évolué. Pour notre plus grand plaisir.
Seul point commun avec cette lointaine époque ? Le retour du goût pour les produits naturels. Comme notre lointain ancêtre, nous apprécions maintenant manger « local ». Mais on appelle ça « terroir », ça fait plus chic.
Ces bizarres de singes de Montarvie l’ont compris. Dans ce petit local de la rue Saint-Viateur, qui abrita naguère une nonna des plus italiennes, vit depuis peu une autre cuisine. Ouverte aux yeux gourmands et bourrée de saveurs.
Déjà, résidants et travailleurs du coin l’ont adopté. Alors on se presse dans la petite pièce, on admire les belles lampes et les montages photos illuminés, avant de commander un de ces petits plats à ravir le palais.
À midi, faisons simple. À la carte du jour, des penne (à l’arrabiata), une tarte salée (poireaux et cheddar), un hot dog (sur pain baguette, avec saucisse artisanale) et… un hamburger. Surprenant, lui aussi, puisque sa viande est de chevreuil, son fromage, de chèvre, et ses condimentsx tout aussi inusités : tomate confite, pruneau et bonne mayonnaise maison. À côté, petit mesclun de jeunes pousses de haute qualité, vinaigrette discrète au parfum anisé, et quartiers de pommes de terre frits. Très séduisant.
Midi ou soir, il faut aussi visiter la belle carte des deux singes : là ou le tartare de saumon côtoie le foie gras dans tous ses états. Le parmentier, lui, prend l’accent berbères. Tout est bien tentant.
Une soupe, d’abord. De la courge musquée à l’état pure, rehaussée d’un filet d’huile aromatisée au paprika. Du solide. Puis cette façon de revoir le coulibiac, le fameux plat au saumon révélé par les gourmets du Déclin de l’empire américain : le singe le démonte, pour mieux le remonter. Du saumon, des champignons sauvages, du riz, tout cela en étages, chapeauté par un feuilleté du tonnerre et un œuf mollet, biologique s’il vous plaît. Un petit régal.
Et puis il y a ces desserts : un fondant au chocolat miraculeusement accompagné d’un caramel de tomate et vanille, ou un petit peau de crème (bio) à la véritable vanille des îles. À se rouler par terre, au sens propre comme au figuré. Foies fragiles s’abstenir, les autres finiront les restes. Chassez le naturel, et il revient au galop.
Les deux singes de Montarvie
176 rue Saint-Viateur O.
278-6854
Midi : 9$
Soir : à partir de 15$
Cote : ***




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