Nonya

NonyaVous allez faire un grand voyage. Un périple au cœur des saveurs indonésiennes, dans ces îles aux épices et aux influences multiples. Un immense bonheur qui explique pourquoi ces contrées étaient si convoitées des Européens au 17e siècle, des Anglais au Hollandais en passant par les Portugais.

Nonya est un des rares restaurants indonésiens à Montréal. Un cas presque unique, avec une équipe dévouée à cette magnifique cuisine. Et rien de folklorique ici, juste une recherche de l’authentique. Une gastronomie très particulière, étonnante, à tel point que le chef s’est parfois arraché les cheveux pour trouver ses produits.

Ce carrefour des saveurs qu’est l’Indonésie regorge de flaveurs : la noix de coco, les cacahuètes, le gingembre, la muscade, l’ail, les piments… De beaux légumes, aussi, comme la chayotte, ou le jacquier, un cousin indien de la figue.

Nonya a l’immense chance d’avoir repris le local d’un resto qui connut son heure de gloire : La Bastide. Du sud de la France, ils sont pris le chemin de l’Asie, et, comme un porte-bonheur, la belle histoire se poursuit.

L’ambiance est chaleureuse, musique traditionnelle et parasols ensoleillés, et le service d’une douceur très zen. C’est déjà le paradis…

Alors on ouvre avec une soupe. Asperges blanches et crabe, pas mal d’ail, modeste entrée en matière. L’autre soupe, aigre douce de tamarin, maïs, chayotte, papaye et arachides réveille mieux les papilles. Ça décolle.

En route, donc, vers ces petits rouleaux frits qui cachent des pousses de bambous, du poulet et des crevettes, et une pointe d’arachide. À tremper dans une petite sauce de soja bien relevée au centre.

Le plaisir se poursuit grâce ce ragoût de bœuf, un plat traditionnel de Sumatra, inoubliable : une chair toute tendre, un bain de crème de lait coco, un riz parfait et une tombée de chayottes émincées toute légère. Une certaine jouissance ? Oui, on peut le dire.

Qui s’est stoppé net à la première lampée de vin, d’ailleurs. Un mélange à éviter, je vous en conjure. Vous tremperez plutôt vos lèvres dans cette merveilleuse infusion de gingembre, hautement aphrodisiaque, en plus.

Et ce sera le moment d’un petit dessert, il ne faut pas manquer ça, un sensuel riz noir au lait de coco (encore, mais on aime ça !) qui rappelle agréablement le confort du pouding de riz au lait bien crémeux. Apaisant et rassurant, ce petit voyage à la Nonya. Libérateur, même. On y reste ?

Nonya
151 avenue Bernard O.
875-9998
Fermé le lundi
Table d’hôte (mardi, mercredi et dimanche) : 20$
Menu dégustation : 35$
À la carte : à partir de 20$
Cote : ****

04. mai 2006 par gildas
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