Y’a t-il un terroir québécois ?

Une question intéressante que soulève Fabien Deglise dans Le Devoir… Le faible développement des produits du terroir ne serait-il pas la faute des petits producteurs eux-mêmes ? En ne sachant pas profiter de la législation actuelle, ne seraient-ils pas les artisans de leur insuccès ?

L’exemple des poulets de Bresse français est éloquente. Vrai, ces 330 éleveurs sont parvenus à créer une marque authentique, dans le respect d’une charte de production serrée, efficace. Mais il n’en est pas ainsi pour tous les produits ! Le camembert, par exemple, souffre d’une protection insuffisante, malgré un AOC, qui permet la vente de toutes sortes de fromages, qui n’ont de nom que camembert, sans l’odeur, l’aspect ou le goût. Dans ce cas ci, le nom n’est plus que mise en marché.

Exactement le filon qu’exploite Reflets de France, une marque qui joue allègrement sur les produits régionaux, fabriqués par des industriels des produits du terroir. Ici, le terroir est image, symbole, marque de commerce. Rien de plus.

Le terroir ? Un territoire, une culture, une identité. Le terroir peut-il être vendu ? N’y a t-il rien de meilleur qu’un plat typique dans son véritable environnement ? C’est ce qui cause, peut-être, ce malaise, lorsqu’on déguste une bouteille de vin arraché de son terroir, ici. Sans le contexte, elle semble avoir moins de corps. Normal: l’expérience gustative est étroitement liée à son environnement.

Le terroir ? Un aliment qui respire le lieu de sa naissance. Un fromage, par exemple, composé de lait des vaches du coin. Ce qu’elles ont brouté définit sa nature. Il aura la saveur des terres locales. Il sera terroir.

Pas comme, exemple, ces fromages de la Maison Alexis-de-Portneuf: une image très ancrée dans la réalité des villages. Des légendes locales. Une volonté de créer une tradition. Création: le service communication de Saputo. Un peu de savoir-faire avec beaucoup de substances laitières modifiées. Des sous-produits du lait qui n’ont rien à voir avec le terroir. Peut-on encore parler d’authenticité ?

C’est ce qui se passe, au Québec. Pendant que les petits producteurs branlent dans le manche à s’AOC les bretelles, les industriels se glissent dans la niche. Beau terroir.

26. décembre 2007 par gildas
Catégories: actus | Laisser un commentaire